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Think you’re escaping and run into yourself. Longest way round is the shortest way home – On croit s’enfuir et on donne dans soi-même la tête la première. Le plus long voyage n’est jamais qu’un raccourci pour chez soi. Leopold Bloom
Dublin, 16 juin 1904.
Une journée ordinaire devient, sous la plume de James Joyce, le lieu d’une exploration radicale de la conscience.
Un homme, Leopold Bloom, achète des rognons, marche, pense à tout et à rien, à sa femme en train de le tromper, à son fils mort. Il mange, rêvasse dans les toilettes, observe, se masturbe, fantasme, se souvient. Un autre, Stephen Dedalus, parle, doute, réfléchit, dérive dans ses pensées et celles d’Hamlet.
Ulysse ne raconte pas une histoire au sens traditionnel mais déploie une série d’expériences formelles où chaque épisode invente sa propre langue, son propre rythme, sa propre manière de penser le réel.
Le roman substitue à l’intrigue une cartographie de l’esprit – associations, ruptures, réminiscences, perceptions – où le trivial et le sublime voisinent sans hiérarchie. Certaines pages sont limpides, d’autres se refusent. Vous y trouverez des références improbables, des passages comiques, d’autres obscènes ; vous vous demanderez où vous en êtes et pourquoi vous continuez. Vous lirez un chef-d’oeuvre, « le plus grand roman du siècle » selon Anthony Burgess.
Œuvre de rupture, Ulysse ne se livre pas d’emblée : il se construit dans la lecture. Mais c’est précisément dans cette résistance que grandit sa puissance : celle de faire éprouver, plutôt que de raconter, ce que signifie être au monde.
Voici la première édition bilingue d’Ulysse en France : l’original de 1922, révisé par Joyce et corrigé jusqu’en 1960, rencontre ici une nouvelle traduction, faite à deux et d’une seule voix.