Ernest Pignon Ernest

Présentation

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Né le 23 février 1942 à Nice, Ernest Pignon-Ernest a commencé à graffer dès la fin des années 60, bien avant les figures du street-art des années 80. L’artiste-plasticien utilise les techniques du fusain et du pochoir pour ajouter à la puissance du message dénoncé un souffle d’authenticité.


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Ce livre propose une large sélection de ces oeuvres éphémères, en les accompagnant de textes d'une cinquantaine d'écrivains, journalistes, philosophes, artistes - Henri Alleg, Mahmoud Darwich, Gisèle Halimi, Michel Onfray, Daniel Pennac, Olvier Py, Lydie Salvayre, Fred Vargas, etc. -, de formes diverses (poèmes, récits ou même essais), dans lesquels chaque auteur revient sur sa rencontre avec l'artiste et l'une de ses oeuvres.

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L’un des précurseurs de l’art urbain en France

Lorsque l’on évoque le street-art, des noms comme Banksy, JR ou encore Keith Haring viennent en tête. Pourtant, l’un des pionniers du genre est Français. Ernest Pignon-Ernest commence ses premiers collages d’affiches en 1966 dans le Vaucluse, avant de devenir mondialement connu.

Des créations artistiques volontairement éphémères

Pour Ernest Pignon-Ernest, l’art est éphémère, il ne se représente pas dans un cadre figé ou un musée. Les ruelles sombres, la froideur des matériaux urbains ou encore les murs accidentés sont autant de surfaces parfaites pour y plaquer ses croquis. Une fois collés, ils ne peuvent plus être décollés autrement qu’en les déchirant. Ainsi, les œuvres de l’artiste restent immuables dans leur décor d’origine.

Des collages devenus mythiques à travers le monde

Les convictions de l’artiste graffeur s’affichent aux 4 coins de l’Hexagone. Paris, Nice, Le Havre, Tours, Avignon, Lyon… plusieurs grandes villes ont accueilli et accueillent encore les collages d’Ernest Pignon-Ernest. Ces créations artistiques ont également passé les frontières pour affirmer les positions de leur auteur : Ramallah (Palestine), Naples (Italie) ou même Alger (Algérie)...

La douceur et la fragilité du papier journal

Considéré comme l’un des maîtres des arts visuels, Ernest Pignon-Ernest utilise majoritairement du papier journal pour ses dessins. Les premiers collages étaient réalisés à l’aide de chutes de rotatives dans les imprimeries. La finesse et la fragilité de ce type de support font partie de l’œuvre à part entière pour l’artiste. Voué à se dégrader très rapidement, le papier journal ajoute une limitation temporelle au message transmis.

La force du dessin comme moyen d’expression

Outre sa technique de collage éphémère, l’artiste possède un talent indéniable pour le dessin. Ses esquisses les plus connues intègrent les livres traitant du sujet dessiné, à l’image de son Rimbaud utilisé en couverture de plusieurs ouvrages. Par des modifications, atténuations ou renforcements, il joue sur les ombres pour accentuer l’expression du personnage représenté.

Les lieux où Ernest Pignon-Ernest appose ses collages ne sont pas choisis au hasard. Bien plus que le type de mur, il choisit l’endroit selon ce qu’il dégage comme histoire ou comme âme. Pour sa série Naples, qui revient sur l’image de la mort, il choisit des murs sombres et abîmés par le temps.

De Rimbaud à Pasolini en passant par Maurice Audin, une figure pour alerter

Le portrait de Rimbaud fait partie des œuvres d’Ernest Pignon-Ernest les plus connues. Installés principalement dans les rues de Paris, les traits du poète apparaissent sur les angles de rues, les murs et les kiosques depuis 1978.

Mais Ernest Pignon-Ernest sélectionne également des figures de la société et des victimes d’injustices pour attirer l’attention sur une cause. Bien avant la reconnaissance en 2018 par l’État français de sa responsabilité dans la torture et l’assassinat en 1957 de Maurice Audin, l’artiste-plasticien interpelle en collant le portrait du mathématicien dans les rues d’Alger dès 2003.

Pier Paolo Pasolini, Mahmoud Darwich et de nombreux anonymes se retrouvent ainsi dans les créations de l’artiste. Il y dénonce les horreurs de l’apartheid, la lutte pour l’avortement, la xénophobie, l’expulsion des foyers modestes… En résumé, toutes les formes d’injustice et de racisme sont montrées du doigt dans des dessins saisissants de réalisme.

Des expositions fortes et saluées

Pour Ernest Pignon-Ernest, ses dessins peuvent alerter sur certaines situations qui auraient pu passer inaperçues. Lorsque sa ville de naissance — Nice — met en place un jumelage avec Le Cap en 1974, l’artiste voit rouge. Cette ville d’Afrique du Sud est alors réputée comme « capitale du racisme institutionnalisé » en plein apartheid. Blessé par cette décision, Ernest Pignon-Ernest dessine et colle des dizaines de silhouettes de familles enfermées derrière des barbelés.

C’est dans ce but qu’il réalise l’exposition « Prisons », dans la prison Saint-Paul à Lyon en 2012. Avant sa transformation en campus universitaire, cette prison a servi de geôles et de salles de torture pour les résistants de la Seconde Guerre mondiale. Pignon-Ernest profite de la désaffection des lieux pour créer des scènes retraçant l’horreur de cette période.

L’art du collage avec le matériel adapté

Bien qu’il puisse utiliser des techniques plus récentes, l’artiste tient à conserver sa méthode de collage. Pour lui, l’expression d’une idée ou d’un message n’est pas conditionnée à tel ou tel matériau. Avec du papier fin, de la colle, des fusains et des pochoirs, il est possible de créer ses premières œuvres.

Et vous ? Quel sujet choisiriez-vous pour réaliser une création artistique à la manière d’Ernest Pignon-Ernest ?