Revue Essaim n.55 : Le cas du psychanalyste et son objet

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Le cas clinique, loin d'être une simple vignette décorative, s'intègre dans une structure plus vaste. Du latin "casus", signifiant "ce qui choit", le cas rejoint l'idée de l'accident, du symptôme, dans la contingence où se joue un événement. Parler de "cas clinique" est presque un pléonasme : le cas est déjà la clinique, dans la tradition de Lucrèce, où un élément d'exception, par son inclinaison, crée l'événement. Bien que Lacan ne fournisse pas d'exemples cliniques, il considère leur portée symbolique, comme dans son analyse du rêve de la "belle bouchère" ou d'Hamlet. Freud, quant à lui, choisissait de nommer ses cas par des traits singuliers, comme "l'homme aux loups" ou "l'homme aux rats".

Pourtant, Freud a fini par abandonner les grands cas paradigmatiques, et Lacan, après le cas de Pearl King en 1965, a cessé d'en commenter. Aujourd'hui, la littérature analytique privilégie-t-elle toujours la clinique ou les exemples ? L'attente de Lacan concernant l'évolution de l'analyse clinique, par l'écriture rigoureuse des étapes du cas à l'aide de formules algébriques, a-t-elle trouvé un prolongement ? Son espoir d'une nouvelle classification clinique, fondée sur le repérage du sujet supposé savoir, a-t-il porté ses fruits ?
 
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